17
Août
Crédit Camille Lavoie
Famille compte triple – Fin du vortex
Famille compte triple – Fin du vortex

Pour lire la chronique précédente de Famille compte triple: Un voyage forcé

Fin de la première journée dans le nouvel hôpital. On sort dehors par la petite porte de côté, celle que personne n’utilise, celle que personne ne connaît. On est plutôt fiers d’avoir trouvé l’issue au bout du labyrinthe de corridors. C’est comme si on connaissait bien les lieux. C’est comme si l’endroit était vite devenu familier. On ne pensait pas si bien dire.

On se dirige rapidement vers le stationnement. J’allais enfin rentrer chez moi après cette interminable semaine d’hospitalisation. Bip bip. On déverrouille la voiture. Bruit de portières qui s’ouvrent et qui claquent presque simultanément. Nous voilà assis dans la voiture. Le papa s’apprête à démarrer le moteur. C’est là que l’absurde nous a frappé de plein fouet.

Porter trois bébés pendant sept mois, vendre sa maison adorée, en acheter une autre plus fonctionnelle, déménager, être alitée pour cause de complications, accoucher. Et puis plus rien. Rien. Deux parents de triplés désœuvrés, assis dans une voiture, dans un stationnement d’hôpital, face au vide. Fin du vortex. Silence anormal. Liberté illogique.

Pour la première fois, je n’allais pas dormir au même endroit que mes bébés. J’avais l’impression de faire quelque chose de mal. Le trajet du retour me donnait l’étrange impression de revenir de voyage. Les rues, les restaurants, les lumières de la ville. Tout était pareil mais pas moi. Je revenais d’un endroit que bien peu de gens visitent. J’aurais préféré Paris. On est plutôt tombés sur un aller-simple vers la triple parentalité, ce territoire quasi inexploré auquel se mêlent les complications de la prématurité.

Je retrouve mon lit, mon chien, mon confort. Mais tout est un peu décevant. Rien n’arrive à maquiller le manque. La sérénité est ailleurs. Il faudra user de ruse pour l’attirer. Autant se l’avouer d’emblée, aucune astuce ne sera réellement efficace sans sirop d’érable. Je ne sais pas si les autres pays vivent bien avec leurs clichés. Mais moi, j’aime me tremper dans les miens. Le sirop rehausse la conversation des ingrédients. Ces entretiens sucrés m’apaisent. Ils me rappellent d’où je viens, ils me donnent des repères.

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À propos de Catherine Mathys

Catherine Mathys est journaliste indépendante, animatrice, conceptrice, chroniqueure et reporter depuis plus d’une dizaine d’années. En 2010, elle se distingue aux Grands Prix du journalisme indépendant dans la catégorie reportage audio/vidéo. Quand elle n’est pas en congé de maternité, on la retrouve à La Sphère à la première chaîne de Radio-Canada. Mère de triplés, elle signe la chronique Famille Compte Triple où l’on suit les joies et tribulations de son charmant trio.

Commentaires

  1. Noémie Rouleau

    Beaucoup de tout en même temps!
    Pas toujours facile la vie qui s’ouvre à vous à titre de parents. Mais comme le dit si bien Confucius ou le grand-père de Boucar: Un jour à la fois et demain on verra!

  2. Christiane Dupont

    Toujours aussi enlevant qu’un film de suspense! La maternité triple, toute une aventure, alors que la simple maternité est déjà une aventure.

  3. Sara Houle

    Ouf, ça a dû faire un grand vide… Et iiiiish la travailleuse sociale… Pas fort! C’est pas un dossier et des procédures, c’est un couple de parents et trois tout petits minis bébés! Franchement…

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