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Avr
Crédit Camille Lavoie
Intimidation: santé mentale à risque
Intimidation: santé mentale à risque

Selon l’étude britannique publiée par The Lancet Psychiatry, les enfants victimes d’intimidation présentent plus de risque de souffrir de problèmes de santé mentale à l’âge adulte que ceux maltraités.

L’annonce semble violente. Outrancière, presque. Et pour cause. Aucune étude n’avait à ce jour comparé les effets à long terme sur la santé mentale des enfants maltraités par des adultes à ceux des enfants intimidés par leurs camarades.

Pour pallier cette lacune, les auteurs ont analysé les données issues de deux études longitudinales menées sur 4026 enfants au Royaume-Uni (The Avon Longitudinal Study of Parents and Children ou ALSPAC – informations données par la mère) et 1420 aux États-Unis (Great Smoky Mountain Studies ou GSMS – informations obtenues par des entrevues avec les parents et l’enfant). Ces deux cohortes ont été suivies à intervalles réguliers entre l’âge de 8 et 16 ans pour déceler chez les jeunes adultes tout problème de santé mentale (détails du suivi ici) à la suite de maltraitance ou d’intimidation survenues durant leur enfance.

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Les résultats, cohérents dans les deux études, sont sans appel : les enfants intimidés ont plus de risque de tutoyer la maladie mentale que ceux qui ont été seulement maltraités. Seulement, écrit-on. Derrière l’adverbe se cache un enfant de trop, loin d‘être une statistique. Dans les faits, l’étude ALSPAC rapporte 8,5 % d’enfants maltraités, 29,7 % d’intimidés et 7 % exposés aux deux formes de violence alors que l’étude GSMS observe des taux respectifs de 15 %, 16,3 % et 9,8 %.

À partir des données de l’étude du Lancet Psychiatry, chacun pourra constater que les enfants intimidés ont près de cinq fois plus de chance de souffrir d’anxiété (cohorte GSMS) et deux fois plus de risque de développer un comportement dépressif, suicidaire ou d’automutilation (groupe ALSPAC) que les enfants maltraités.

Changer les mentalités

Même si les chercheurs n’expliquent pas pourquoi l’intimidation cause des problèmes de santé mentale, Jennifer Wild, professeur adjointe de psychologie expérimentale à l’Université d’Oxford, reconnaît sur le site du Science Media Centre britannique que « ces résultats sont important, car ils soulignent les conséquences catastrophiques de l’intimidation et la nécessité d’une politique de tolérance zéro. »

Si l’intimidation est de plus plus décriée dans les médias, le phénomène reste encore occulté par une vision naïve de l’enfance, celle où l’enfant doit apprendre « à la rude » à prendre sa place dans le groupe. Une socialisation parfois empreinte de quolibets, de dénigrements et de menaces physiques.

Comme le dit si bien Dieter Wolke, un des auteurs de l’étude et professeur de psychologie du développement à l’Université de Warwick : « Être victime d’intimidation n’est ni un rite de passage bénin ni un incontournable dans le développement de l’enfant. Cela a des conséquences sérieuses sur sa santé mentale à long terme. »

Aujourd’hui, les politiques de santé publique se concentrent majoritairement vers la prévention de la maltraitance infantile. Espérons que plus d’attention et de ressources seront désormais accordées à la prévention de l’intimidation que ce soit à l’école ou dans les services sociaux par exemple.

Source : The Lancet Psychiatry, Adult mental health consequences of peer bullying and maltreatment in childhood: two cohorts in two countries (28 avril 2015)

 

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À propos de Bruno Geoffroy

Ex-chimiste reconverti dans la distillation de mots. Alambiqués ou pas. Journaliste donc. Blogueur à temps perdu aussi. Bruno Geoffroy discute de santé, de science, de finance, d’alimentation et parfois du mariage incongru entre vin et littérature. Du dépistage du cancer de la prostate à la malbouffe en passant par les superbugs, rien ne l’effraie. Enfin presque… T.O.C. reconnus : Cinéphile compulsif et musicophage. En rémission.

Commentaires

  1. Intimidation: santé mentale à risque | Vintage Webzine

    […] Publiée le 1er mai, cette chronique est disponible en intégralité sur le site de Planète F. […]

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