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Nourrir la ville : les habitudes alimentaires à Montréal
Nourrir la ville : les habitudes alimentaires à Montréal

Ce qui se trouve dans l’assiette a évolué au fil des générations, tout comme la manière dont les aliments ont été produits. L’exposition « Nourrir le quartier, nourrir la ville » propose de revenir sur l’alimentation à Montréal au cours des 200 dernières années.

Célèbre pour sa diversité et la qualité de ses produits, le marché Jean Talon ne faisait à ses débuts qu’écho à une tradition plus ancienne. C’est au XVIème siècle que le premier marché public a été créé à Montréal. Plus grands et plus nombreux au fur et à mesure que la population s’agrandit, ils sont un point clef pour se procurer les produits qui vont nourrir les ménages. Les aliments proviennent directement d’une production locale. La population en ville pouvait également subvenir à ses besoins, par l’agriculture et l’élevage. Mais les réglementations du XIXème siècle changent la donne, interdisant les animaux de ferme dans la ville.

A lire aussi : notre dossier Les dessous de l'assiette familiale

L’industrie prend alors le relais. Les usines spécialisées dans la transformation alimentaire se multiplient et prennent une ampleur considérable. Il s’agit de répondre à une demande toujours plus importante de la population et d’uniformiser les aliments pour les produire en masse. Ces produits transformés prennent alors une place de plus en plus importante dans les assiettes des Montréalais.

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Des productions qui ciblent les enfants

Au XIXème siècle, la moitié des établissements de transformation alimentaire sont des boulangeries. Le pain s’impose comme un aliment privilégié pour la population. C’est pourquoi un groupe industriel basé à Toronto, Maple Leaf Mills, s’empare du produit et crée sa marque. Le « Pain Moderne » est né. Sa stratégie est de jouer sur les bienfaits du pain pour les enfants et de les mettre en avant sur des affiches publicitaires. La marque affirmait entre autres que son produit garantirait aux petites têtes blondes d’être en meilleure santé.

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Le lait n’est pas en reste. Responsable au début du XXème siècle d’une mortalité infantile considérable, il était alors d’une piètre qualité. C’était notamment dû à une transportation et des manipulations inadaptées, qui compromettaient l’hygiène du produit. Avec l’arrivée de la pasteurisation, le lait a pu faire peau neuve et les usines laitières se sont multipliées. Parmi elles, la Laiterie Mont-Royal, qui affirmait que son lait était idéal pour les enfants, non sans véhiculer quelques clichés encore bien ancrés.

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Sans oublier les petits plaisirs après l’école. Le domaine des sucreries et du chocolat connaît aussi un engouement de plus en plus important. Des entreprises comme Viau ou Laura Secord deviennent des références incontournables, le premier pour les biscuits, le second pour le chocolat. Avec le lait, arrive aussi la crème glacée. Autant de façons de se faire plaisir en attendant le souper.

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 Les femmes au cœur de la préparation des repas

Toutes ces publicités visaient essentiellement les mères. Elles s’occupaient de nourrir le foyer, du moment où elles allaient chercher les aliments à celui où elles les servaient dans l’assiette. Une pratique qui se transmettait de mère en fille et qui s’est aussi perpétuée par les livres de cuisine. Les écoles donnaient même des cours d’économie familiale, afin de perfectionner ce savoir. Ces traditions ont également été enrichies par la presse féminine, la radio et la télévision.

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A l’inverse, les hommes étaient plus nombreux à travailler dans les métiers culinaires. Les formations pour leur apprendre à devenir de grands chefs se sont développées, afin de leur permettre d’ouvrir leur propre restaurant ou à cuisiner pour des institutions.

Mon avis sur « Nourrir le quartier, nourrir la ville »

Globalement, j’ai trouvé l’exposition très riche sur l’histoire de l’alimentation à Montréal. On peut y trouver de nombreux thèmes, comme l’importation des produits, l’avènement des dépanneurs ou la diversité d’aliments qu’on trouve dans les assiettes. Plusieurs stands sont aménagés, chacun sur un thème déterminé, afin d’avoir un aperçu global des habitudes alimentaires des Montréalais. A mon avis, les différents aspects sont intéressants mais ils restent peu développés. J’y ai cependant appris beaucoup de choses qui m’ont permis d’en savoir davantage, en particulier concernant les publicités de l’époque.

Les objets exposés donnent un côté très vivant à l’exposition et permettent de se projeter plus facilement dans ce qui est raconté. On peut aussi s’amuser à utiliser des cartes interactives, une très bonne idée ! Le coin plus récent avec les cuisines collectives et les jardins communautaires est sans doute celui qui m’a le plus marquée. Il m’a surtout donné envie d’en savoir plus sur ces initiatives contemporaines.

L’exposition Nourrir la ville est à l’Écomusée du fier monde jusqu’au 4 février 2018.

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