17
Juil
Crédit Camille Lavoie
Parents du monde en Tunisie
Parents du monde en Tunisie

Cette chronique est une incursion dans le quotidien de parents d’un peu partout sur la planète. Comment se vivent la naissance, l’allaitement et la discipline, quand on habite à Johannesburg, à Stockholm ou à Hanoi? Quelles sont les valeurs que souhaitent transmettre à leurs enfants des parents venant de différents horizons? La chronique « Parents du monde » n’a pas la prétention d’illustrer la parentalité du pays qu’elle présente sous toutes ses facettes, mais se veut plutôt une fenêtre ouverte : sur une réalité, sur une famille, sur un parent et ses enfants…

Maher est journaliste à Tunis et a trois enfants. Planète F s’est entretenu avec lui pour connaître son quotidien de père et le fonctionnement des politiques familiales de son pays.

Planète F : Quel est votre métier/occupation? Celle de votre conjointe, Nassima Chaabane? Votre âge, l’âge de vos enfants?

Maher Chaabane : Je suis rédacteur en chef d’un journal en ligne (Webdo). Ma conjointe s’occupe des enfants et de la gestion de la maisonnée. J’ai 47 ans. Mes enfants sont âgés de 14 ans, 11 ans et 8 ans.

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PF: Où votre conjointe a accouché? 

Maher Chaabane : Dans une clinique privée avec un médecin.

PF: Est-ce qu’elle a allaité?

Maher Chaabane : Elle a allaité nos trois enfants.

PF: Est-ce que l’allaitement est encouragé par le gouvernement (campagnes publiques, médecins, infirmières) en Tunisie?

Maher Chaabane : Ce n’est pas particulièrement encouragé. Aucune campagne n’existe mais les médecins spécialistes encouragent les mères à allaiter le plus longtemps possible.

PF: Comment l’allaitement est-il socialement perçu? 

Maher Chaabane : C’est quelque chose de naturel et perçu comme un moyen sain de nourrir son enfant. L’allaitement en Tunisie est vu comme quelque chose de positif.

PF: Qui s’occupe des enfants lorsque les parents travaillent?

Maher Chaabane : Il y a quelques années, les grands-parents tenaient ce rôle. Aujourd’hui, les crèches (NDLR : garderies) et jardins d’enfants se développent de plus en plus et ont remplacé les grands-parents.

PF: Avez-vous eu un congé payé quand les enfants sont nés? Et votre conjointe?

Maher Chaabane : Les pères ont droit à un congé payé de trois jours. Les mères ont droit à un mois et à 6 mois de travail à mi-temps, le reste étant payé par la sécurité sociale. Un projet est actuellement en discussion pour faire bénéficier les pères de congés parentaux.

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PF: À quoi jouent vos enfants, quels sont leurs jouets préférés?

Maher Chaabane : Jeux vidéos, Internet ou jeux de société.

PF: Que mange-t-ils pour déjeuner habituellement?

Maher Chaabane : Céréales, lait et biscuits.

PF: À quelle heure se couchent-ils le soir?

Maher Chaabane : Entre 21h00 et 22h00.

PF: À quoi ressemble leur chambre?

Maher Chaabane : À un grenier avec des livres, des jeux, des vêtements éparpillés partout.

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PFÀ quoi ressemble une journée type?

Maher Chaabane : Réveil puis direction l’école. Après une journée à l’école, retour à la maison, goûter puis pause puis les devoirs. Après le dîner, la toilette et au lit.

PF: Comment fonctionne la discipline? 

Maher Chaabane : Les choses faites habituellement n’exigent pas d’imposer un ordre mais parfois il faut être catégorique, sauf quand l’enfant est malade. Le plus dur n’est pas de faire appliquer les consignes, c’est de faire respecter le tempo parce que si on leur laissaient la liberté, ils ne se coucheraient pas avant minuit !

PF: Est-ce que l’école publique est bonne? L’école privée est-elle réservée aux élites ou à la classe moyenne?

Maher Chaabane : Le niveau à l’école publique est en train de régresser dangereusement ce qui pousse de nombreux parents à opter pour le privé mais ce sont des établissements qui restent réservés à une certaine élite. Les classes défavorisées n’ont pas les moyens d’inscrire leurs enfants dans le privé.

PF: Qu’est-ce qui est différent de l’éducation de vos enfants, de l’éducation que vous avez reçue?

Maher Chaabane : Sur le fond, rien ne diffère. Sur la forme, en 2017 on ne peut pas éduquer un enfant comme en 1987. Beaucoup de choses ont changé comme les loisirs, les méthodes pour étudier, etc…

PF: Auriez-vous préféré que des garçons ou que filles? Y a-t-il des préjugés favorables ou défavorables envers un sexe?

Maher Chaabane : J’ai un garçon et deux filles et c’est bien comme ça. J’aurai eu trois garçons ou trois filles ça aurait été la même chose. Ces préjugés défavorables envers les filles ont disparu au fil des ans.

PF: Quel avenir souhaitez-vous pour vos enfants?

Maher Chaabane : Qu’ils réussissent professionnellement.

PF: Quelles valeurs voulez-vous leur transmettre?

Maher Chaabane : L’honnêteté, la liberté de penser et surtout la tolérance.

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À propos de Elodie Potente

Elodie termine sa maîtrise en journalisme et médias numériques à Metz, en France. Elle a traversé l'océan Atlantique pour faire son stage à Planète F. Elle a envie de parler de sujets qui comptent, tout en utilisant ses compétences web. Et elle trouvait que Planète F était parfait pour ça!

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