10
Mai
Des ados qui mangent bien ? Ça se peut !
Des ados qui mangent bien ? Ça se peut !

Les adolescents font de plus de plus l’objet de campagnes pour une saine alimentation. Paradoxalement, les publicités de malbouffe n’ont jamais été aussi présentes autour de nous et sur le Web.

Pour réellement encourager le développement d’un esprit critique sur l’information nutritionnelle, il faut agir sur l’individu, mais aussi sur son environnement.

Dans les écoles primaires et secondaires, on observe un intérêt marqué pour la cuisine, autant chez les filles que chez les garçons. C’est ce qui ressort de l’étude de Karine Desserres-Pezé, qui s’est intéressée à divers ateliers culinaires proposés au Québec, comme La Tablée des chefs ou les Ateliers Boîte à Lunch. « Les motivations des jeunes sont variées, explique-t-elle. Il peut s’agir de développer sa créativité et son autonomie, ou encore de découvrir de nouvelles choses à partager en gang. La socialisation est importante dans ces ateliers. »

NOVA visuel adosL’exposition aux facteurs alimentaires dès un jeune âge permet de développer des connaissances et une sensibilité qui suivront l’enfant ou l’adolescent toute sa vie. À une époque où la cuisine est de plus en plus délaissée au profit de plats déjà préparés, les outils acquis peuvent s’avérer très utiles. La classification NOVA, par exemple, trie les aliments en fonction de leur degré de transformation. « Les aliments très transformés contiennent habituellement beaucoup de calories, de glucides, de sodium et de gras trans », relate la chercheuse à l’Université de Montréal Asma El Mabchour. En sensibilisant les jeunes à cette réalité, on les encourage à tendre vers des aliments plus naturels qu’ils pourront eux-mêmes apprêter comme bon leur semble, pour un résultat généralement plus nutritif.

La publicité

Rendre l’environnement du jeune mangeur plus sain passe également par un contrôle accru des publicités qui l’entourent. Il est reconnu que celles-ci ont un impact sur l’obésité infantile, sur les choix et préférences alimentaires des jeunes et sur leurs demandes alimentaires. « Les jeunes veulent manger ce qu’ils voient », résume la chercheuse à l’Université d’Ottawa Monique Potvin Kent. Celle-ci s’est penchée sur le marketing alimentaire ciblé sur les sites Internet préférés des adolescents canadiens, un sujet peu abordé en recherche.

Au Canada, la Loi sur la protection du consommateur encadre les publicités ciblant les jeunes de 13 ans et moins, mais rien pour les adolescents. Autrement, les campagnes sont soumises à l’autoréglementation. «L’autoréglementation est inefficace et il apparaît nécessaire de mettre en place un système de surveillance », conclut Monique Potvin Kent. La chercheuse observe que les aliments publicisés ne sont pas de meilleure qualité nutritionnelle qu’avant.

Les adolescents sont particulièrement vulnérables à la publicité de par plusieurs caractéristiques biologiques, psychosociales et caractérielles. Or, c’est l’âge où se forgent des habitudes de consommation qui se renforceront avec le temps. Il importe donc de prendre les moyens nécessaires pour remédier à la situation. La Coalition Arrêtons la pub destinée aux enfants vise notamment à limiter le marketing alimentaire destiné aux jeunes de 16 ans et moins. La solution passe aussi par l’éducation, que ce soit à l’école ou dans la famille, pour instiguer des habitudes de vie saines qui perdureront longtemps.

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