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Juin
Apprendre partout, sauf à l’école
Apprendre partout, sauf à l’école

Faut-il avoir les deux pieds dans le système scolaire pour y changer quelque chose? Plusieurs familles québécoises pensent plutôt le contraire, et choisissent de faire l’école à la maison. Radical à première vue, ce style d’éducation pose des questions essentielles sur la manière dont on apprend, le rôle que joue la famille ou le moule scolaire de l’« enfant parfait ». À condition qu’on encadre la pratique…

Un mercredi matin de mai, des « élèves » âgés de 6 à 12 ans sont réunis dans les locaux de Radio Centre-Ville, pour animer leur émission hebdomadaire « Mon petit hebdo ». Aujourd’hui, Clara a préparé son exposé sur Nelson Mandela. Une autre de ses camarades vient d’expliquer au micro le fonctionnement des Nations Unies.

La scène fait partie du quotidien peu banal de ces enfants de la région montréalaise. Pas de tableau noir (ni de tableau blanc interactif). Pas de pupitre, ni de prof… Leurs parents leur font l’école à la maison et la plupart n’ont jamais mis les pieds dans une salle de classe. Les enfants, réunis plus tard autour de la table de la salle à manger chez Clara et Thomas, 10 et 9 ans, répondent candidement aux questions de Planète F. Envient-ils les élèves qu’ils voient parfois de l’autre côté de la clôture d’une cour d’école? La réponse fuse, unanime. « Oh, non! »

Qu’on se rassure toutefois, ils ne vivent pas coupés du reste du monde, comme c’est le cas chez certaines familles religieuses qui font l’école à domicile, avec qui on les compare régulièrement.

Cette comparaison n’est pas anodine. Le ministre de l’Éducation Yves Bolduc annonçait fin mai la création d’un comité interministériel (Éducation, Santé et Justice), chargé de trouver combien d’enfants sont éduqués hors du système scolaire au Québec. Si son annonce visait principalement les écoles religieuses qui pratiquent dans l’illégalité, on disait du même coup vouloir dénombrer les enfants bénéficiant d’une éducation parentale marginale, comme c’est le cas pour pour Clara, Thomas et leurs camarades.

Une annonce qui a fait sursauter l’Association québécoise pour l’école à domicile (AQED). Cet amalgame entre écoles religieuses sans permis et éducation à domicile serait malheureux et le fruit « de préjugés et d’ignorance de ce qu’est l’école à domicile au Québec », croit Marike Reid-Gaudet, la présidente de l’AQED. « On a sourcillé quand on a vu la tangente que prenait le gouvernement. »

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À propos de Sarah Poulin-Chartrand

Cofondatrice de Planète F, Sarah s’intéresse de près aux sujets qui touchent la famille, la condition des femmes et les minorités sexuelles. Elle a également un intérêt marqué pour la santé, les sciences et l’éducation.