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Sep
Edito: Les mères, un frein à l’égalité ?
Edito: Les mères, un frein à l’égalité ?

Encore une fois, travailler sur un dossier nous a fait réfléchir, comme parents. Parce que chaque fois, on se regarde aller et on se demande ce qu’on pourrait faire de différent, de… mieux ? Nous vous posons la question, mais nous nous la posons aussi ! Sommes-nous « égaux » dans ce grand bateau de la parentalité ?

Parler d’égalité est confrontant. Parce que ça demande de regarder dans ce qu’on a de plus précieux : nos habitudes de famille, nos moments avec les gens les plus importants de notre vie.

En creusant un peu, on réalise qu’on est la seule à porter le poids de la culpabilité et du stress lié aux enfants. Ou à force de noter ce qu’on a fait dans la semaine, on se rend à l’évidence : la balance penche clairement (et désagréablement) d’un côté… Adieu la belle image de couple égalitaire qu’on s’était bâtie…

- partenaire -

Mais comment l’atteindre cette égalité, au juste ? Comptabiliser les heures passées avec fiston, les heures à nettoyer, les heures passées au boulot ? Ça semble assez saugrenu comme idée ! Les parents ont chacun leurs forces, leurs faiblesses, et personne ne gère sa famille avec une grille de calcul Excel.

En mai dernier, le Conseil du statut de la femme déposait un rapport sur le congé parental. Ce rapport proposait, entre autres, que le congé de paternité (exclusif au père) soit augmenté à 8 semaines, dont les trois semaines supplémentaires seraient « enlevées » du congé partageable. Une proposition qui a fait beaucoup réagir. Il semble que certaines femmes y aient vu un affront contre des batailles durement gagnées pour obtenir ce congé parental, qui est maternel d’office, même si le congé est partageable de 25 à 32 semaines, selon le régime.

Il est pourtant prouvé, études à l’appui, que la première année de vie est cruciale pour instaurer des habitudes de vie en tant que nouveaux parents. Le père impliqué et interagissant seul avec l’enfant sera un père plus présent dans les tâches domestiques et parentales au-delà de la première année.

D’un côté, on aimerait que les hommes s’impliquent davantage dans les familles, qu’ils prennent de plus grandes responsabilités pour nous libérer de notre espace mental. De l’autre, il nous est viscéralement impossible de nous détacher de ces tâches de soins aux enfants. Comme si nous étions totalement indispensables à la survie de notre progéniture.

Nous avons demandé à des mères si, en toute honnêteté, elles se percevaient parfois comme des « Momzillas », des mères qui supervisent le moindre détail de la vie de leur enfant.

« Quand il peut m’aider, j’ai beaucoup de difficulté à déléguer. Nous avons une approche très différente envers les enfants. Il commence à s’impliquer avec notre fils qui aura 4 ans bientôt… », répond Sonia. « Je dois avouer que quand il est là, je trouve ça beaucoup plus compliqué lui expliquer tous les détails sur la manière de faire les choses que de les faire moi-même, raconte Geneviève. Je suis une maman louve, qui a besoin d’avoir ses petits proches et j’aime que les choses soient faites à ma manière ! »

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À propos de Mariève Paradis

Éditrice et cofondatrice, Mariève est journaliste indépendante depuis 2005. Elle travaille sur plusieurs plateformes (web, magazines, hebdomadaires, radio et télévision). Elle cumule deux prix en journalisme, la Bourse Fernand-Seguin en vulgarisation scientifique et la Bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada qui lui a permis de faire des reportages au Nunavik et au Groenland en 2012.

Commentaires

  1. Manon

    Quand on veut être engagé, on va acquérir les compétences nécessaires. Dans les couples d’aujourd’hui, ce sont surtout les mères qui ont gardé des enfants dès leur jeune âge, qui ont acquis des compétences bien avant la naissance de leur enfant.

    Les femmes n’ont pas de doute sur la capacité des hommes à prendre soin, mais sur leur intérêt à acquérir davantage de compétences pour le faire. Les femmes sont lucides : celles qui ont rencontré ces hommes qui ont eux aussi acquis des compétences pour confirmer la facilité qu’elles vivent à laisser toute la place à leur homme.

    Non, prendre soin d’un enfant ce n’est pas juste inné… mais malheureusement, encore bien des hommes croient que ça l’est et du coup minimisent toutes les ressources que la mère de leur enfant est prête à leur partager.

  2. Manon

    Et si on se penchait un peu sur «le biais de perception» qu’on a face à l’attitude des parents ?

    Quand le père lève le ton… nombre d’entre nous se dissent encore que c’est normal; un homme ça parle fort !
    Quand c’est la mère qui lève le ton… nombre d’entre nous se dissent encore qu’elle s’énerve pour rien.
    Quand le père partage son savoir… on l’admire même nous reprend bêtement sa drill pour nous montrer la bonne façon de faire. Quand la mère partage son savoir… on dit qu’elle veut tout gérer et qu’on face à sa façon.

    Vous retrouverez certainement les études qui montrent bien que les adultes interprètent différemment les attitudes d’un bébé fille et d’un bébé garçon. Dans une des études, quand les adultes croient que c’est un bébé fille, ils expliquent ses pleurs car selon eu, elle a eu peur. et quand les adultes croient que c’est une bébé garçon, ils expliquent qu’il a été choqué… Si nous agissons ainsi face aux bébés et aux jeunes enfants… comment savoir si notre jugement est meilleur face à un autre adulte ?

    La fin de votre article est bien catégorique et ne reflète en rien la cause de cette attitude et n’emmène rien pour encourager l’égalité de rôles. Quel était votre objectif avec une telle finale ?

    • Mariève Paradis

      Ce texte est un éditorial pour annoncer le dossier. Vous trouverez dans le dossier plusieurs articles pour apporter les nuances dont vous parlez!

  3. Céline Duval

    Je suis mariée depuis 48 ans à un homme qui avait des idées égalitaires bien avant les autres. C’est notamment grâce à son implication dans la famille que j’ai pu enseigner, suivre un baccalauréat et une maîtrise tout en étant mère de 4 enfants. Je le sais les serviettes n’étaient pas pliées de la même facon selon que c’était papa ou maman qui avait fait le lavage, mais elles essuyaient tout aussi bien! Ainsi, nos fils ont eu la chance de voir 2 modèles de fonctionnement très différents mais tout aussi efficaces. Maintenant, ils s’impliquent dans leur famille.

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