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Déc
L’appel de la rue
L’appel de la rue

 

En février 2016, une vague de fugues au Centre jeunesse de Laval faisait la Une de tous les médias de la province, dévoilant la pointe de l’iceberg d’une réalité méconnue. Chaque année, ces établissements sont le point de départ de plus de 6000 fugues. Mais, une fois la porte claquée, quelles promesses offre la rue à ces jeunes en quête de liberté ?

Dans les locaux du Centre de jour de l’organisme Dans la rue, Gabrielle* et Mathieu sont assis en silence, perdus dans leurs pensées. Casquette sur la tête, écouteurs dans les oreilles, le jeune homme de 22 ans regarde machinalement son cellulaire. Gabrielle, 17 ans, passe une main dans ses longs cheveux roux orangés, ses grands yeux bleus fixés sur ses genoux.

Placés sous la Loi de la protection de la jeunesse dès l’enfance, retirés de leur famille dysfonctionnelle, les deux jeunes n’ont pas tardé à sentir le désir de liberté et d’autonomie fourmiller au fond de leurs tripes. À eux deux, ils cumulent près de 800 fugues.

Au moment de notre rencontre, l’adolescente a fui le Centre jeunesse où elle résidait il y a plus d’une semaine. « J’ai fugue pour la première fois il y a cinq ans, raconte Gabrielle, d’un ton fier et déterminé. Ma mere m’avait abandonnée. Mon père n’avait pas d’argent. Et moi, habituée de m’occuper de moi-même toute seule, je devais vivre entre quatre murs avec des filles qui me faisaient chier, qui m’intimidaient. J’étais stressée la première fois, j’avais peur, mais en même temps j’étais tellement soulagée. »

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