26
Nov
Au profit de la qualité
Au profit de la qualité

On apprenait dans La Presse que le gouvernement souhaite couper 120 millions au budget des garderies subventionnées et des CPE l’an prochain. Les acteurs du milieu dénoncent l’éventualité d’un nivellement par le bas de la qualité des services de garde.

Avec la modulation des revenus en vigueur depuis le printemps dernier, il devient plus avantageux pour une strate des parents de se tourner vers les garderies privées non subventionnées. Les familles dont le revenu annuel se situe entre 70 000 $ et 130 000 $ sont les parents qui devront payer davantage pour les services de garde subventionnés. Pour certains, le changement vers le privé s’est fait en septembre dernier. Pour d’autres, la prochaine déclaration de revenus aura un effet convaincant de passer au privé. Il restera les parents sous le seuil de la pauvreté et les parents qui ont les moyens de payer l’augmentation de tarifs pour une question de valeur, de qualité.

À l’Association québécoise des CPE (AQCPE), on marche sur des œufs dans cette mobilisation contre les coupures. L’Association souhaite convaincre les parents que la qualité des services de garde est plus grande dans les CPE. « Mais c’est un contexte très dur à expliquer. Nous ne voulons pas dire aux parents qui envoient leurs enfants dans les garderies privées qu’ils font un mauvais choix », explique Geneviève Bélisle, directrice nationale Qualité des services éducatifs à l’AQCPE.

- partenaire -

Retour sur la qualité

Selon Michel Boivin, professeur de psychologie à l’Université Laval, il y a trois conditions gagnantes pour un service de garde de qualité : la formation des éducatrices, le ratio entre les éducatrices et les enfants et la communication entre les parents et les éducatrices. Ces conditions ont un rôle protecteur pour les enfants vivants dans un milieu défavorisé. « La prévention doit débuter en force à la petite enfance, avant que les problèmes ne se consolident », a-t-il affirmé à une conférence lors du Forum Tous pour eux, organisé par Avenir d’enfants.

Selon ses recherches, l’environnement dans lequel grandit l’enfant peut avoir un effet important sur son développement global et même sur sa réussite scolaire. « On peut prédire à partir du préscolaire la réussite scolaire d’un enfant! » Quand une famille vit des difficultés, l’enfant sera touché par cette adversité. Et si l’environnement ne vient pas en support, l’enfant restera vulnérable tout au long de son parcours scolaire. « La plupart des enfants vulnérables ne sont pas nécessairement en situation de défavorisation économique. C’est la raison pour laquelle l’universalité des services de garde est importante. »

Lire la suite …

Également sur Planète F
Garçons et école : la difficile équation Au Québec, un garçon sur trois quitte l'école secondaire sans obtenir de diplôme, contre une fille sur cinq. Pourquoi les garçons sont-ils plus nombre...
Les inégalités de la maternité Parfois, dans mes rêves, je suis une mère à la maison. Accomplie, heureuse de prendre soin des enfants. Ma maison est rangée, je suis organisée. Je cu...
Qui s’occupe de santé maternelle? Notre dossier sur les abus dans la salle d'accouchement pose des questions sur la nécessité de certaines interventions obstétricales. Les données p...
Les relevailles : Une nécessité pour les parents Autrefois, dans les campagnes québécoises, les mères étaient aidées par les femmes de leur famille après la naissance de leur enfant. Aujourd'hui, le...
Allaitement et QI élevé vont-ils de pair? À en croire des chercheurs anglais, nourrir votre enfant au sein ne le rendra pas plus intelligent qu’un enfant élevé au biberon. Publié dans le journ...
La parentalité aux États-Unis : un modèle désuet Le soutient à la parentalité varie d’un pays à l’autre. Malgré son statut de grande puissance, les États-Unis ne font pas bonne figure en comparaison ...

À propos de Mariève Paradis

Éditrice et cofondatrice, Mariève est journaliste indépendante depuis 2005. Elle travaille sur plusieurs plateformes (web, magazines, hebdomadaires, radio et télévision). Elle cumule deux prix en journalisme, la Bourse Fernand-Seguin en vulgarisation scientifique et la Bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada qui lui a permis de faire des reportages au Nunavik et au Groenland en 2012.

Commentaires

Laisser un commentaire