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Nov
Qui va s’occuper de Médrick?
Qui va s’occuper de Médrick?

Trouver une place dans un service de garde, au Québec, relève souvent de la course à obstacles. Il faut être persévérant, débrouillard, créatif. Lorsqu’en plus l’enfant a des besoins particuliers, ça devient un défi qui met à rude épreuve la patience des parents. Témoignage de Laurianne, maman d’un garçon atteint du trouble du spectre de l’autisme.

« C’est quoi, ça ? »

« Est-ce ben de l’ouvrage ? »

« Est-ce qu’il mord ? »

« Non, on ne veut pas de ça ici. »

Ces quatre réponses, Laurianne Dion les a entendues lorsqu’elle cherchait une place en garderie pour son garçon de quatre ans atteint d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). On les lui a dites pour justifier le refus de prendre Médrick au sein de l’établissement convoité, que ce soit une garderie privée, un centre de la petite enfance (CPE) ou une garderie en milieu familial.

Et pour chaque réponse du genre, une brèche au cœur, une gifle, un coup de grisou. « C’est dur de se faire dire ça, confie Laurianne, au bout du fil. Tu te dis : ‘Ok, c’est bien de mon fils dont on parle là ?’ C’est triste d’entendre ça, c’est stressant et ce n’est pas rassurant du tout… »

Pourtant, la mère de 34 ans a tout fait dans les règles de l’art. Après avoir passé quatre ans à la maison avec son fils, elle était prête à retrouver son boulot de secrétaire médicale. Elle s’est mise à faire des appels, des tonnes d’appels. « J’ai dû contacter au moins une quinzaine de garderies, explique-t-elle. Je me suis inscrite au site Place 0-5 ans et je consultais tous les jours le site magarderie.com. Je me suis même rendue au CLSC pour avoir de l’aide…»

Un an de refus

Entre juin 2014 et juillet 2015, Laurianne Dion, aujourd’hui mère de deux garçons et enceinte d’un troisième enfant, n’a essuyé que des refus. Et des jugements. « Médrick a été diagnostiqué à l’âge de deux ans et demi, dit-elle. Le TSA dont il est atteint est considéré comme élevé en langage, c’est-à-dire qu’il est non-verbal, et moyen en compréhension. Il ne s’habille pas tout seul mais peut manger seul… sauf qu’il ne mange pas n’importe quoi ! » Les rigidités (alimentaires, vestimentaires, dans le mode de vie, la routine, etc.) sont présentes à différents degrés chez tous les enfants atteints de TSA.

Incapable de trouver une place en garderie pour Médrick, Laurianne a commencé à angoisser : allait-elle devoir quitter son emploi ? Que pouvait-elle faire de plus ? C’est à ce moment-là que Tara Todoruk, propriétaire de la garderie Damilia à Rigaud, a manifesté son intérêt. « Ça faisait presque un an que je cherchais, je commençais à être découragée, souligne Laurianne. Tara m’a dit qu’elle ne connaissait rien au TSA mais elle était prête à se renseigner. Et à nous rencontrer ! » Trois mois plus tard, Médrick faisait son entrée dans cette garderie privée, située à 45 minutes de route de chez lui. « Ça se passe super bien, c’est une place géniale », s’enthousiasme Laurianne.

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À propos de Maude Goyer

Diplômée en journalisme et détentrice d’un M.B.A, Maude Goyer a appris les bases du métier au Journal de Montréal où elle a couvert les affaires criminelles puis les actualités économiques. Après avoir fait un détour dans l’univers des magazines féminins (Châtelaine et Loulou), elle est devenue journaliste pigiste. Depuis trois ans, elle tient un blogue sur la famille et la maternité (Maman 24/7). Sur le blogue des supermarchés IGA, elle aborde le thème des enfants et de l’alimentation. Ses clients principaux demeurent toutefois ses deux jeunes enfants… exigeants, imprévisibles et tout à fait adorable!

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