12
Juin
La leçon du Centre Hanen
La leçon du Centre Hanen

Le Centre Hanen est spécialisé en troubles du langage. Leurs résultats sont étonnants et leurs méthodes innovantes. Dans le monde entier, on trouve des succursales de ce centre où les familles sont au cœur de la thérapie orthophonique de l’enfant.

Basé à Toronto, cet organisme à but non lucratif existe depuis 1975. Il a formé plus de 25 000 professionnels venant de 50 pays différents. Au Québec, des orthophonistes se perfectionnent grâce aux formations proposées. « Nous estimons que plus de 6000 familles ont participé à l’un de nos programmes ces dernières années. Nous estimons également que plus de 100 000 enfants ont reçu un support individuel par un orthophoniste formés au le Centre Hanen et utilisant nos ressources en dehors de nos programmes », affirme Kevin Mannings, aux communications du Centre Hanen.

La progression des enfants qui suivent leur programme déjoue souvent les pronostics.

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Acteur ou spectateur ?

Un des ingrédients secrets de ce centre: inclure le parent. Il devient acteur de la thérapie orthophonique de son enfant. Il n’est plus simple spectateur. « Après tout, ce sont les parents qui connaissent le mieux leurs enfants et passent le plus de temps avec eux, dans leurs interactions », déclare Tamara Stein, orthophoniste au centre Hanen.

Avec cette méthode, il ne s’agit plus alors de quelques rendez-vous chez l’orthophoniste, mais bel et bien d’une stratégie mise en place dans la vie quotidienne. Les parents interviewés disent que cette façon de faire fait une vraie différence pour leur enfant.

« Notre famille a fait le programme “The TalkAbility”. Ça nous a permis d’aider notre fille à développer plus de compétences. Elle peut engager de véritables conversations et créer des liens avec ses pairs et sa famille. Elle a maintenant un cercle d’amis qui la comprend. Dans la famille, on adapte notre langage au quotidien », explique Vicky Robinson. « En tant que parents, on a été inclus à 100 % dans le programme».

Méthode prouvée

Le programme pour les parents prévoit d’abord une première visite. L’orthophoniste peut parler avec les parents et savoir ce qu’ils attendent. Ils observent également la famille interagir, pour voir comment ils dialoguent. La plupart des programmes comprennent huit sessions. Lors de ces rencontres entre parents et professionnels, des stratégies sont élaborées pour aider les enfants à développer leur langage. « L’idée, c’est que les parents puissent utiliser la stratégie mise en place dans leurs interactions de tous les jours », explique Tamara Stein.

Les bienfaits d’inclure les parents dans le processus orthophonique ne sont plus à prouver. Huit études sur ce thème citent les méthodes du centre Hanen. « Certains parents sont plus efficaces que les orthophonistes pour aider leurs enfants à comprendre le langage et la grammaire », affirme l’orthophoniste Lauren Lowry, dans un article publié sur le site du centre.

Formation continue pour parents

Après les sessions, les parents se retrouvent en visite avec l’orthophoniste. Celui-ci observe comment ils utilisent les stratégies avec l’enfant et s’ils atteignent les buts qu’ils se sont fixés. Cela permet de voir l’évolution de la thérapie et les progrès des patients. « Ce qu’on essaie de faire, c’est expliquer clairement la stratégie aux parents », ajoute Tamara Stein.

La formation continue aussi avec des vidéos-exemples de d’autres parents utilisant cette méthode. « La famille rentre à la maison avec un plan à exécuter. Évidemment, les parents peuvent poser des questions et parler avec d’autres familles de leurs problèmes », ajoute l’orthophoniste.

Un diagnostic précoce

Quel est l’âge idéal pour diagnostiquer un trouble du langage? « Le plus tôt, le mieux », affirme Tamara Stein. « Un de nos programmes s’appelle “it takes two to talk”. Ce programme cherche à comprendre comment les enfants comprennent le langage et s’expriment. Les enfants de ce programme peuvent être assez jeunes. Habituellement, je dis aux parents “si vous êtes inquiets, même si votre enfant à un an, s’il ne communique pas, ne semble pas comprendre une simple directive, amenez-le chez un orthophoniste.”».

Sur son site, le Centre Hanen nomme quelques signes qui laisseraient présumer un trouble du langage. Par exemple, un enfant de 18 mois devrait au moins utiliser 20 mots. Cela devrait inclure des noms, des prépositions, des adjectifs et des verbes. Un enfant de 24 mois devrait pouvoir utiliser au moins 100 mots et être capable d’en combiner quelques-uns.

« Quand je parle avec des parents, je leur parle des signes précoces des difficultés en communication. La plupart des gens communiquent de façon non verbale, avec des gestes, avant de communiquer verbalement. Ça se détecte très tôt ».

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À propos de Elodie Potente

Elodie termine sa maîtrise en journalisme et médias numériques à Metz, en France. Elle a traversé l'océan Atlantique pour faire son stage à Planète F. Elle a envie de parler de sujets qui comptent, tout en utilisant ses compétences web. Et elle trouvait que Planète F était parfait pour ça!

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