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Nov
La maternité est un travail d’équipe
La maternité est un travail d’équipe

Faire la lecture aux petits à chaque soir, mitonner de bons repas et bannir le ketchup, bouger en famille chaque jour tout en se couchant tôt, allaiter au moins six mois, éviter la télévision… et s’entraîner pour que maman retrouve son corps d’avant. Qui a dit qu’un enfant ne venait pas avec un mode d’emploi?

La maternité peut être vécue de différentes façons. Il n’y a plus une maternité, mais des maternités. Les pères de la génération Y prennent une place plus grande dans les familles. Pourtant, le constat est que se sont surtout les jeunes mères qui ressentent de la pression, la fatigue et la culpabilité. Nous vivons dans un monde où chaque étape de développement des jeunes enfants est normée. L’information disponible sur leurs besoins est abondante. Et c’est la mère qui est interpelée en premier par cette information de type éducative… et dont l’accumulation rend son contenu parfois divorcé du réel. La maman est, dans bien des cas, le parent de service.

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Des mères comme une publicité

Cette surdose d’information provient, entre autres, des stratégies publicitaires. Les nouvelles mères restent la cible de choix des publicitaires, même si les pères s’impliquent de plus en plus« Les nouvelles technologies, la balançoire, la chaise qui vibre… On n’a pas besoin de ça pour que bébé soit bien. Lorsque les jeunes mères arrivent, je déboulonne bien des croyances du genre. L’industrie du bébé, c’est fort », constate l’intervenante Marlene Lavoie, des Relevailles Montréal, un organisme qui s’occupe des nouvelles mères. 

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Même aujourd’hui, les mères sont tenues responsables des achats pour la famille, et c’est pourquoi elles constituent toujours une cible privilégiée pour le marketing des produits de santé pour enfant, rappelle la professeure Manon Niquette de l’Université Laval. C’est donc pour elles qu’on été mises en scène les images de mamans minces-belles-parfaites qui abondent en publicité. « Dans le cadre de mes recherches, j’ai analysé le contenu de pages Facebook de compagnies qui vendent des analgésiques pour bébés. Mon constat est que le travail de soin des mères est effacé, au profit du médicament dont on fait la promotion », explique-t-elle.

Aussi, on ne met pas en scène de bébés ni trop braillards ni trop malades, ou de mères trop inquiètes ou trop dépeignées… La fatigue, la colère et le découragement sont trois grands absents de ces publicités. « S’occuper d’un enfant malade a l’air amusant », dit-elle. Ces images ne sont pas innocentes, et sont ancrées dans notre psyché collective, explique Manon Niquette.

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À propos de Marie-Hélène Verville

Marie-Hélène Verville est journaliste indépendante et mère de trois enfants. On la lit surtout à la Gazette des femmes. Elle a été journaliste, puis rédactrice en chef de l’hebdomadaire Cités Nouvelles dans l’Ouest-de-l’Île pendant six ans. Diplômée de l’UQAM, elle a fait ses classes auprès de l’équipe de la défunte émission Infini Décimal à CISM et de l’Agence Science-Presse.

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